09.02.2010

La princesse et la grenouille

la_princesse_et_la_grenouille_13.jpgEn tant que fan des dessins animés Disney depuis toujours, je ne pouvais pas ne pas aller voir leur dernière création, la Princesse et la Grenouille. Tout le monde ou presque connaît le conte original dans lequel une princesse embrasse une grenouille afin de redonner à celle-ci l'apparence d'un prince charmant. Disney a revisité le conte de manière très plaisante. L'histoire se déroule à la Nouvelle Orléans dans les années 20. Tiana est une jeune fille noire, plutôt pauvre dont le rêve absolu est d'ouvrir son propre restaurant. Pour y parvenir, elle doit donc travailler très dur et cumuler plusieurs emplois. Elle n'a donc pas le temps de rêver au prince charmant, à l'inverse de son amie d'enfance, Charlotte, dont le père, plein aux as, organise une fête pour permettre à sa fille de rencontrer le prince Naveen. Oui mais voilà, ce dernier se laisse embobiner par un maître vaudou et se retrouve aussitôt dans la peau d'une grenouille. Pensant à tort que Tiana est une princesse, il lui demande de l'embrasse, en échange de quoi il lui fournira l'argent nécéssaire pour réaliser son rêve. Sauf que rien ne se passe comme prévu. Tiana se retrouve elle aussi changée en grenouille. Les deux infortunés batraciens vont donc devoir s'allier pour trouver le moyen de vaincre la malédiction.

Autant vous le dire tout de suite, j'ai tout simplement adoré ce dessin animé. Déjà, j'étais enchantée de savoir que Disney reviendrait pour ce dessin animé à la 2D, comme quand j'étais petite. Et c'est une franche réussite à mon avis. Les dessins, tout d'abord, sont tout simplement magnifique. On se laisse emporter avec délices dans les paysages de la Louisiane, avec ses vieilles maisons pleines de charme, ses bateaux à aube sur le Mississippi et son sombre et mystérieux bayou. J'ai d'ailleurs trouvé ma nouvelle destination de rêve, soit dit en passant !^^ L'histoire quand à elle est vraiment prenante et très agréable à suivre, je ne me suis pas ennuyée une seconde.

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Les deux personnages principaux sont très attachants et cassent un peu l'image traditionnelle du prince et de la princesse. Naveen, d'ailleurs, à au départ plus du play boy à deux balles que du vrai prince charmant. Il est arrogant, fainéant, fêtard et vraiment drôle. Tiana, quant à elle, c'est le contraire. Elle ne pense qu'à atteindre son but et ne prend jamais le temps de s'amuser. ça saute donc aux yeux qu'ils ont tout pour s'apporter quelque chose l'un l'autre. Et puis, moi qui adore les grenouilles, je les ai vraiment trouvés très choupis ! Les personnages secondaires sont très réussi également. Parmi eux, trois coups de coeur : Charlotte, l'amie de Tiana, jeune fille pourrie gâtes,hystérique mais néanmoins adorable est obsédée par la quête du prince charmant et est vraiment hilarante. Il y a ensuite Louis le crocodile musicien de jazz et Ray le luciole amoureux d'une étoile que rencontrent Tiana et Naveen dans le bayou et qui vont les aider à reprendre forme humaine. Le premier est un vrai bout-en-train, toujours prêt à amuser la galerie, mais également maladroit au possible. Le second est un peu bourru, mais à le coeur sur la main. Son amour pour Evangeline, l'étoile des voeux est d'ailleurs très touchant.

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Deux minuscules bémols cependant (et oui, le film parfait, ça n'existe pas ! ^^). Ils concernent tout d'abord le méchant principal, le Dr Facilier, sorcier vaudou de son état que j'ai trouvé un poil sous-exploité. Pourtant, au début, il me faisait un peu penser à Jafar (que j'aime beaucoup), mais au final, il n'a pas la même envergure, on a même tendance parfois à un peu l'oublier au profit de la quête de nos deux grenouilles. Sinon, bien que j'ai trouvé la musique très sympathique, elle est à mon sens moins marquante que dans certains autres Disney. Elle rend sans doute mieux en VO, d'ailleurs...

 Mais à part ça, je n'ai rien à dire, si ce n'est que ce dessin animé est le meilleur moyen de retrouver ses 8 ans et de ressortir avec des étoiles plein les yeux !

07.02.2010

Did your hear about the Morgans ?

grant.jpgAyant eu besoin ces derniers jours d'un film léger et pas prise de tête pour me remotiver un peu (et comme j'aime beaucoup Hugh Grant aussi !^^) je suis allée voir la comédie romantique Did you hear about the Morgans ? Paul et Meryl Morgan sont un couple New-Yorkais qui vient de se séparer car Paul, le vilain, a trompé sa femme. Un soir, en sortant du restaurant où Paul a emmené Meryl pour une énième tentative de réconciliation, le couple est le témoin fortuit du meutre d'un trafiquant d'armes. Leur vie étant en danger, la police les envoie vivre sous un faux nom dans une petite ville perdue au milieu du Wyoming en attenant que le coupable soit arrêté.

Autant le dire tout de suite, le film ne révolutionne pas le genre. Il ne nous épargne aucun des clichés des citadins qui débarquent à la campagne, pas plus que ceux de l'Amérique profonde. Arrivés à Ray dans le Wymonig, les Morgan, devenus les Foster, sont hébergés et protégés par le Marshall local et sa femme, amateurs de rodéo, de tir au fusil et de films de John Wayne. Sur chaque mur de la maison, la tête d'un animal abattu par les soins du couple. Pour Meryl, végétarienne et membre de la PETA, c'est un comble. Elle et son mari doivent alors s'habituer à l'absence de magasins, et pire encore : du calme de la campagne ! Car en effet, comment s'endormir sans le bruit des sirènes et des klaxons ? Alors bien sûr, Paul et Meryl passent pas toutes les étapes indispensables : cours de tir, bal country, balade à cheval et même attaque d'un grizzli. Et on se doute bien que le coup du tueur qui les recherche n'est que secondaire, le but du film étant bien sûr d'amener les Morgan à se réconcilier et à constater que malgré leurs erreurs, la vie l'un sans l'autre ne vaut pas la peine d'être vécue. Et oui, c'est bien une comédie romantique traditionnelle !

Encore une fois dans ce film, Hugh Grant est fidèle à lui même et nous fait... du Hugh Grant. Et au final ce n'est pas pour me déplaire car en allant le voir, c'est peu ce que je recherchais. Je dois avouer que j'ai été un peu moins convaincue par Sarah Jessica Parker, mais je n'ai jamais été tellement fan à vrai dire... Un bon point pour elle quand même : elle sait réciter le sonnet 116 de Shakespeare. J'ai d'ailleurs trouvé ce détail amusant, car ce même sonnet est cité dans le film Raison et Sentiments version 95 dans lequel joue Hugh. Décidément, encore une preuve que toutélié !^^ Les personnages secondaires, bien qu'un peu sous-exploités à mon sens, sont plutôt drôles : les assistants de Paul et Meryl à New-York perdus sans leurs patrons, le propriétaire du restaurant républicain jusqu'à la moelle ou l'infirmière un peu idiote qui fait aussi serveuse et chef pompier à ses heures perdues. Alors ce n'est pas la comédie romantique qui m'a fait le plus rire, mais il y a tout de même des répliques et des scènes très amusantes !

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En définitive, pas un film indispensable, mais tout de même rafraîchissant, surtout si comme moi, on a pas la forme !

01.02.2010

La servante insoumise

9782020858779.jpgC’est lisant plusieurs critiques positives sur ce roman de Jane Harris que j’ai eu très envie de le lire. La servante insoumise nous raconte l’histoire de Bessy Buckley, une jeune irlandaise débarquée en Ecosse avec sa mère au XIXème siècle. Fuyant une vie sordide à Glasgow, elle se fait engager presque par hasard par Mme Arabella Reid pour devenir servante à Castle Haivers, une petite propriété perdue dans la campagne écossaise. Très vite, Bessy s’attache à sa nouvelle maîtresse et ne vit que dans le but de la satisfaire. Mais peu à peu, elle se rend compte des manières bizarres de cette dernière. Elle la fait lever en pleine nuit sans raison, lui mesure au millimètre près toutes les parties du visage, lui fait faire toutes sortes d’exercices étranges et surtout, lui demande de tenir très précisément tous les jours son journal. De plus, Bessy entend dire au village que Mme Reid a eu par le passé de nombreuses servantes qui ne sont pas restées longtemps et une autre qui est morte dans des circonstances plutôt obscures. Il n’en faut pas plus à l’esprit curieux de Bessy pour se mettre à fouiner autour d’elle dans l’espoir d’en apprendre plus…

 

L’intrigue et l’atmosphère avaient donc tout pour me captiver et cependant, je n’ai pas réussi à entrer totalement dans l’histoire. Tout d’abord, je crois que j’ai eu un peu de mal avec le style. Bessy, qui est la narratrice, écrit la plupart du temps comme elle parle, c'est-à-dire dans un langage très familier, voire vulgaire. Je me trompe peut-être, mais il y a des expressions très actuelles que je n’aurais pas imaginé dans la bouche d’une jeune fille du XIXème siècle, même servante et je crois que ça m’a déstabilisée au début. Une fois qu’on s’y habitue, cela devient moins gênant. Mais le problème majeur, c’est que je n’ai pas vraiment réussi à m’attacher aux personnages. Bessy, avec son franc-parler, sa nature curieuse est certes intéressante, surtout quand elle nous parle de son passé aux côtés d’une mère ivrogne et prostituée. Pourtant, rien de tout cela n’a réussi à me la rendre réellement sympathique. Même si j’ai été souvent horrifiée par le récit de son enfance, je n’ai pas été touchée. J’ai eu l’impression que Bessy en parlait de manière vraiment trop détachée, comme si c’était arrivé à quelqu’un d’autre. Et puis, j'avais lu une critique du roman qui comparait un peu l'ambiance du roman avec celle de Jane Eyre, tandis que moi, je n'en ai jamais eu l'impression, ce qui explique également ma déception. De plus, aucun des personnages secondaires n’est sympathique. Entre Mr Reid qui se soucie comme d’une guigne de sa femme, le révérend Pollock avec ses discours assommants et Hector, le valet de ferme obsédé, il n'y en a pas un pour rattraper l'autre.

 

Ce qui m’a donné malgré tout envie de poursuivre ma lecture, c’est le mystère autour de Mme Reid et de ses servantes, surtout la fameuse Nora, tellement appréciée de sa maîtresse et les circonstances de son décès. J’ai bien aimé suivre aussi le cheminement des agissements de Mme Reid qui la conduisent doucement à la folie et le dévouement de Bessy qui cherche à la protéger coûte que coûte. Leur relation est d'ailleurs ce que j'ai préféré dans le roman. Au départ, malgré les bizzareries de Mme Reid, c'est une relation maîtresse/servante assez classique, avec Bessy qui essaye de tout faire pour impressionner sa patronne et arriver au même niveau que la vénérée Nora. Et ensuite, au fur et à mesure que Mme Reid sombre dans la folie, la relation s'inverse. C'est Bessy qui doit prendre soin de sa patronne, la rassure, tente de la couvrir auprès de son mari, la soigne.

 

Au final, je dirais donc que l'intrigue de fond du roman est vraiment intéressante, tout comme la visions de comment étaient perçus les troubles psychologiques à l'époque. Je crois que c'est "l'enrobage" qui m'a quelque peu déçue.

29.01.2010

Ne le dites pas aux grands

ne_le_dites_pas_aux_grands.jpgNe le dites pas aux grands est un essai d'Alison Lurie traitant de la littérature de jeunesse anglo-saxonne paru en 1989. ça faisait un bon moment que j'en avais entendu parler, et comme je suis une grande adepte de la littérature de jeunesse, je me suis lancée avec plaisir. L'ouvrage est constitué de 16 chapitres consacrés soit à un auteur célèbre, soit à un genre qui a marqué la littérature de jeunesse.

Le style de l'auteur est simple, agréable à lire. Elle ne nous enterre pas sous les dates et les thérories ennuyeuse, mais nous brosse, pour chaque auteur, un portrait clair et concis, qui nous aide à mieux comprendre et interpréter son oeuvre. Son bien sûr représentés James Matthew Barrie, Beatrix Potter, Lewis Carroll, JRR Tolkien, mais également AA Milne, l'auteur de Winnie the Pooh, Frances H. Burnett ou encore Edith Nesbit. Même si je connaissais les grandes lignes de la vie de la plupart de ces auteurs, j'ai beaucoup aimé les rappels que nous fournit Alison Lurie. J'ai particulièrement apprécié le chapitre sur Beatrix Potter, je ne sais pas si c'est parce que j'ai adoré Miss Charity de MA Murail (qui s'inspire librement de la vie de l'auteure), mais j'ai vraiment l'impression qu'elle aurait pu être une âme soeur. Et en plus de nous reneigner sur la vie et l'oeuvre de nombreux auteurs, le livre nous donne des tas d'idées de lectures (comme si ma PAL n'était pas déjà assez haute !).

J'ai trouvé très intéressante aussi la partie qui traite des contes. Alison Lurie nous rappelle qu'à la base, ceux-ci étaient avaient été crées pour les adultes et non les enfants et que l'on peut y trouver de nombreux sous-entendus destinés aux adultes. L'auteur nous parle aussi longuement du personnage de la princesse et nous démontre que celle-ci est toujours présente, de manière plus ou moins déguisée, dans la littérature pour adulte contemporaine. Elle prend notamment l'exemple de Cendrillon qu'elle applique à Jane Eyre dont la structure s'inpire beaucoup : tout comme Cendrillon, Jane est une orpheline maltraitée par sa tante et ses cousins, tout aussi abominables que la méchante belle-mère et les affeuses demi-soeurs. Alison Lurie cite également des auteurs comme Jane Austen ou Francis Scott Fitzgerald comme s'étant inspirés de ces contes populaires.

Tout ceci pour bien nous montrer que non, la littérature de jeunesse est loin d'être aussi simple et innocente qu'on pourrait bien le croire, et qu'on la retrouve à la base de bien des classiques de la littérature. Alison Lurie insiste aussi sur l'influence qu'ont nos lectures d'enfance sur notre vie d'adulte.

Un seul petit reproche : rien ou peu sur les auteurs de littérature de jeunesse d'autres pays que l'Angleterre (je pense notamment à LMM et Louisa May Alcott ;-) ). Et comme l'essai date de la fin des années 80, il ne traite pas non plus des auteurs contemporains, ni bien sûr du phénomène Harry Potter. Par contre, plus récemment, Alison Lurie a écrit en 2004 un autre ouvrage intitulé ll était une fois et pour toujours : à propos de la littérature enfantine. Je sens que je ne vais pas tarder à me le procurer !

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26.01.2010

Sarn

sarn.jpgSarn de Mary Webb nous conte l'histoire de la famille éponyme, propriétaire d'une ferme perdue au fin fond de la campagne anglaise au temps des guerres Napoléoniennes. A la mort du père de famille, la gestion de la ferme revient à Gédéon, le seul fils. Doté d'un très fort caractère et d'une ambition sans limite, il fait le serment solennel de travailler aussi dur qu'il le faudra pour devenir riche et un jour acheter une belle maison en ville. Il entraîne dans son projet pharaonique sa jeune soeur Prue, qui lui est entièrement dévouée. Cette dernière est malheureusement défigurée par un bec-de-lièvre, ce qui lui vaut d'être soupçonnée de sorcellerie. Car en effet, la superstition règne en force sur la population locale. Et ce n'est pas la présence dans le voisinage du vieux Beguildy, sorcier de son propre aveu, qui arrange les chose. Ledit Beguildy est en outre le père de Jancis, une des plus jolies filles des alentours, dont Gédéon est fou amoureux, mais qu'il ne compte pas épouser avant d'avoir atteint son but.

C'est au travers du personnage de la douce Prue que nous découvrons l'histoire. Etant l'une des seules personnes du voisinage à savoir lire et écrire, elle décide de raconter ses mémoires dans un petit carnet. C'est par son regard intelligent et perspicace que nous apprenons à mieux connaître les différents protagonistes. J'ai beaucoup aimé Prue, dont le caractère positif et foncièrement bon fait complètement oublier son imperfection physique. Elle est toujours prête à venir en aide à autrui, quitte à faire des sacrifices parfois douloureux. Elle est aussi la seule à oser intervenir contre son frère afin de lui faire entendre raison lorsqu'il exagère. Elle devient aussi extrêment touchante à partir du moment où elle rencontre et tombe immédiatement amoureuse de Kester Woodseaves, un jeune tisserand. Le passage où elle l'aperçoit pour la première fois est d'ailleurs très beau : "Quant à moi, je me reculai dans mon coin en me sentant défaillir, car voici qu'était venu mon amour, mon seigneur, et hélas ! j'étais défigurée."

 A partir ce moment, même si elle persuadée qu'elle n'a aucun espoir avec lui, elle l'aime en secret d'un amour déséspéré, car elle ne veut même pas lui montrer son visage, de peur qu'il ne se moque d'elle. Elle devient ainsi une sorte d'ombre protectrice pour Kester, qui veille constamment sur lui, allant même jusqu'à lui sauver la vie.Vous l'aurez compris, le personnage de Prue et son histoire avec Kester est ce qui m'a le plus touchée dans le roman. Car même si on voit finalement assez peu ce dernier, ses quelques appartitions sont mémorables. On sent vraiment que c'est l'homme qu'il faut à Prue pour lui donner confiance en elle, la libérer du joug de son frère et faire taire les mauvaises langues autour d'elle. Et on se prend à souhaiter dès le début que tout finisse bien pour eux.

L'histoire de Gédéon est loin d'être inintéressante elle aussi, mais le personnage est nettement moins attachant. Dur, froid et cupide, on a parfois du mal à voir quelque chose d'humain en lui.  Malgré ses sentiments pour Jancis, il n'hésite pas une seconde à la sacrifier pour mener à bien ses projets. La seule qui peut à la limite lui faire entendre raison est Prue. Leurs caractères et leur attentes sont d'ailleurs en totale opposition, pourtant, on sent que malgré tout, ils tiennent beaucoup l'un à l'autre et ne se laisseraient pas tomber. D'ailleurs, si Prue accepte d'accorder son aide et son soutien à Gédéon, c'est uniquement pour essayer de le protéger de lui-même, et de le tempérer lorsqu'il va trop loin.

En plus des personnages, c'est l'ambiance du roman qui m'a beaucoup plu. Cette atmosphère champêtre teintée de mystère et de superstition m'a rappelé les romans de George Sand, comme La petite Fadette ou La mare au diable, que j'avais lus dans mon enfance. Tous comme dans ces romans, dans Sarn il est question de vieilles croyance, de traditions paysanne et d'une société à l'ancienne avec ses codes et son vocabulaire. D'ailleurs, les habitants des environs de la ferme des Sarn vivent presque coupés du monde. Si la narratrice ne nous disait pas au détour d'une phrases que la guerre contre les armées de Napoléon faisait rage, nous ne le saurions pas. Les personnage semblent exclusivement préoccupés de ce qui se passe dans leur environnement proche et ne se soucient pas du reste du monde.

En bref, un roman vraiment très prenant, qui m'a laissé une forte impression et que je relirai sans doute avec plaisir !

22.01.2010

Much Ado about Nothing

000304987.jpgça faisait une éternité que je n'avais plus lu de pièce de Shakespeare, et une éternité aussi que celle-ci est sur ma PAL. En fait depuis que j'ai vu le film de Kenneth Branagh il a y moult années. Voilà que je me décide enfin. Much Ado about Nothing est une comédie vraiment très drôle qui croise deux intrigues. Il y a d'abord Claudio, un jeune seigneur de Florence qui tombe amoureux de Hero, fille de Leonato, le gouverneur de Messine. Claudio compte sur son ami Don Pedro, prince d'Aragon pour lui aider à conquérir sa belle. Oui mais voilà, Don Juan, le frère bâtard de Don Pedro cherche à se venger de ce dernier et voit là l'occasion idéale.

La seconde intrigue, ma préférée, concerne Benedick, un jeune seigneur de Padoue ami de Claudio et Beatrice, la cousine de Hero. Tous deux sont de bon ennemis, clamant haut et fort qu'ils se détestent et prenant un malin plaisir à batailler verbalement. Cependant, Claudio et Don Pedro pensent qu'ils feraient un couple idéal et décident de tout faire pour les obliger à tomber amoureux.

J'ai vraiment adoré cette pièce, qui en plus de m'avoir fait bien rire, m'a permis d'apprécier à nouveau les personnages de Benedick et de Beatrice qui m'avaient déjà tant plu dans le film. Leurs joutes verbales sont clairement ce que j'ai préféré. Les répliques fusent à la vitesse de la lunmière, toutes plus amusantes et pleines d'esprit les unes que les autres. Shakespeare laisse vraiment éclater son génie lors de ces dialogues, un vrai régal sur toute la ligne ! Une chose est certaine, leur couple ne sera pas triste ! Moi en tout cas, je ne me suis pas ennuyée une seconde. J'ai beaucoup aimé aussi leur changement d'attitude quand chacun croit - grâce à la machination plus ou moins subtile de Claudio et Don Pedro - que l'autre est amoureux de lui. C'est vrai que le revirement est peut-être un peu rapide, mais c'est absolument délicieux de voir Benedick et Beatrice se laisser persuader de leur amour mutuel, tout en ne parvenant pas à s'empêcher de se lancer des piques.

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Voici un petit aperçu :

Benedick :

Then is cortesy a turn-coat. But it is certain I am loved of all ladies, only you excepted : and I would I could find in my heart that I had not a hard heart, for truly I loved none.

Beatrice :

A dear hapiness to women - they would else have been troubled with a pernicious suitor. I thank God and my cold blood I am of your humor for that. I had rather hear my dog bark at a cow than a man swear he loves me.

Benedick :

God keep your ladyship still in that mind, so some gentleman or other shall 'scape a predestinate scratched face.

Beatrice :

Scratching could not make it worse an 'twere such a face as yours were

Benedick :

Well you are a rare parrot-teacher.

Beatrice :

A bird of my tongue is better than a beast of yours.

J'ai nettement moins apprécié l'histoire de Claudio et Hero. C'est surtout le personnage de Claudio qui m'agacée en fait. Je crois qu'il fera désormais partie de mon top ten des moumous de la littérature. Je n'ai pourtant pas le souvenir d'avoir eu autant cette impression qu'avec le film... Il est incapable d'agir seul, même pour déclarer sa flamme à Hero, il se cache derrière Don Pedro. Mais quand c'est pour se laisser convaincre que sa fiancée lui est infidèle, pas besoin de longs discours, il ne demande même pas d'explications à l'intéressée, il avale le mensonge illico presto. Et en plus, il décide d'humilier publiquement sa promise le jour du mariage. Moi à la place de Hero, je n'aurais pas hésité, je l'aurais planté là et n'aurais plus rien voulu en savoir.

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Mais je le répète, ne serait-ce que pour le duo Benedick/Beatrice, la pièce vaut largement le coup ! Je pense que je n'attendrais plus aussi longtemps à l'avenir pour lire du Shakespeare, le prochain sera sans doute As you like it !